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C’était chez moi.

décembre 7, 2012

J’aime le site de l’ina. On y retrouve des vieilles choses comme dans un grenier…

www.ina.fr : RAP ET TAG

Je souris en me remémorant ce visionnage. Si ce qui se tramait dans ce reportage n’était pas si effrayant, j’aurais pu éclater de rire. André, un jeune tout gentil avec sa copine Joséphine, pas violents, mais qui ont vraiment des tronches à se faire dépouiller.André raconte :

– « je fait ça pour exister… »

Pour lui c’est la consécration, aujourd’hui il existe, il va passer à la télé. Adaptation, survie, mimétisme ou dhimmitude urbaine : triste évolution, j’en croise tous les jours.
On interroge un vieux qu’a sûrement connu une grosse guerre cauchemardesque sur ce qu’il pense des tags :

– « C’est quoi… du turc ? du roumain ? vous savez vous ? »

Là, je me marre avec sincérité… Puis ambiance nuits banlieusardes, des bandes investissent les trains garés et vides. Une voix que je pense reconnaitre :

– « 93 NTM faut que ce soit partout ».

Le « gout du risque » qu’il dit.

– « Personne voudrait qu’on fasse ca en pleine rue, et comme on a pas le temps ».

C’est l’incohérence de la jeunesse. Puis il s’embarque dans une explication de leur vocabulaire dont je me fiche éperduement mais bon, j’écoute quand même on ne sait jamais…

– « les blobs c’est des lettres rondes, en boule, et les klobs c’est carré, cubique… »

Je m’en contrefiche. C’est d’une inconcistance incipidissime, mais à son âge je n’étais pas beaucoup mieux. Ce qui me gêne c’est le triomphe de cette médiocrité qui semble être devenue non pas un passage dans l’adolescence mais bien une étape aboutie d’un projet morbide.

Fac de Saint-Denis 1990.

« A la fac de Saint-Denis le rap et le mouvement sont déjà étudiés en cours et certains préparent une thèse sur le sujet… ».
Le terme « déjà » en dit beaucoup trop sur l’arrière pensée de la journaliste.

NTM chante :

– « Je suis blanc il est noir la différence ne se voit que dans les yeux des batards »

C’est sûr, je rigole… J’imagine une suite « T’as raison mon pote regarde toi un peu dans un miroir »  (pour la rime).

Commentaire de la journaliste :

– « ici pas de barrières entre les couleurs et les races, chez eux pas de frontière entre le rap, la danse et les graffitis.[…]un mouvement métissé : le hip-hop »

C’est trop. Stop ! Temp mort ! Bravo pour le « Chez eux ».

Et chez moi ? A oui c’est vrai, les années 90, je ne le sais pas encore mais je suis déjà mort pour eux. Chez moi, d’après la journaliste, il y a des frontières, on danse pas et il y a des barrières entre les couleurs. Ils s’en balancent de chez moi. Seul le « chez eux » compte. Normal ils sont de la race supérieure : métissés. L’aryen des années Y2K qui inventa le mouvement hip-hop. Le thème du reportage c’est « rap et tag » et pas « rock et graffiti » et encore moins « Vivaldi et Eugène Delacroix ». Pas de différence donc, mais faut pas exagérer, eux ne se mélangent pas avec des bourges, même si ces derniers n’ont pas les moyens de se payer leurs baskets de rappeur. Ce qu’elle ne dit pas dans son reportage, parce-qu’elle ne fait pas son travail, comme beaucoup de journalistes, c’est que Didier, le chanteur de NTM a eu une enfance difficile, non pas à cause de l’endroit où il vit, ni même à cause de méchants descendants de colons, mais parce-qu’issu d’une famille déchirée, d’un père violent et peu aimant. C’est un écorché vif, Joey Starr est le Mr Hide et Didier le docteur Jekill. Cela n’a rien à voir avec le « chez eux » ou le « non-chez eux » et pourtant elle nous l’assure « ils veulent prendre leur revanche[…] ça n’a rien à voir avec une mode c’est une question de survie ». NTM ne chante pas la haine de la société, mais de la vie. Comme d’habitude les grands humanistes ne savent pas où ils sont. Du moins c’est ce que je croyais car si eux sont des rebelles, ce dont je doute déjà, la journaliste, elle, veut en faire de vrais soldats du jihad socialiste, et elle ne recule pas devant les pires faux semblants.

Ils sont allé faire un reportage sur le toit de la cité parce-que les immigrés c’est là qu’on peut les trouver pas vrai madame ? pas dans la zone pavillonnaire, où il n’y a que des blancs racistes qui font la différence, ou même des noirs qui sont des salauds de vendus qui traînent avec des blancs. Mais bon ils sont quand même noirs donc ça va. On filme des blancs qui râlent  Que pense-t’on chez madame aujourd’hui que les zones pavillonnaires sont investies aussi par cette génération qu’elle a filmé ? Ces mêmes zones pavillonnaires qui à l’instar des cités maintenant totalement épurées commencent elles aussi à se vider sérieusement des blancs ? La journaliste aimerait être une aventurière. Donc « chez eux » c’est fantastique, tout le monde danse, tout le monde graffe et chante, c’est l’extase gauchiste, elle est presque invitée dans un village togolais par le chef du village. Et les gaulois, chez moi, ils bossent en se taisant, ils se font éclater par ceux qui pensent qu’on est des bouffons et des racistes. On fait la différence chez nous madame parce-qu’on est différents. Mais eux non évidemment, ils sont moins différents, les noirs et les blanc c’est pareil, même si ces derniers on les dépouille, mais c’est pas dans le reportage, ça ferait tâche. On va pas montrer les bandes monoethniques qui se promènent dans les rames de RER pour dépouiller des face de craies. C’est pas intéressant, ça colle pas au gros mensonge soviétique dégoulinant d’arrogance que la journaliste veut faire passer de toutes ses forces. A cette époque des milliers de jeunes français qui se sont fait cracher dessus, dépouiller, insulter à coups de « nique ta race, sale séfran » et j’en passe des pires, sont devant leur télé et voient les racailles qui leur pourrissent la vie se pavaner devant la caméra d’une journaliste en admiration devant cette diversité qu’elle ne connait visiblement qu’à travers un prisme idéologique. Le soir du reportage, de nouvelles graines d’une génération identitaire étaient semées. C’est comme si cette journaliste était aller prendre une par une la main de milliers de français pour leur faire prendre le bulletin FN plutot qu’un autre, la gorge serrée par l’amère découverte de la trahison.

Allez savoir pourquoi malgré la haine que j’éprouvais en voyant ce reportage à la gloire de la médiocrité antifrançaisdesouche j’ai voté socialiste quelques années plus tard, je voulais y croire. J’ai accepté à contre-coeur ce stupide « touche pas à mon pote » en pensant sincèrement qu’on viendrait à bout du racisme. Je me suis naïvement persuadé que cette imbécile de journaliste était une exception, et que ces racailles n’étaient pas la majorité. Que je n’avais pas eu de chance d’être tombé plusieurs fois sur des ordures et que ce n’était pas du racisme mais de la délinquance dont j’avais été victime. Dans ma famille on vote socialiste alors que voulez-vous. Mais comme vous le savez  peut-être déjà, après de cruelles désillusions je me suis tourné vers la raison. D’humaniste extrémiste, d’antiraciste ethnomasochiste, d’idéaliste psycho-fraternaliste je suis devenu modéré: je vote FN. De citoyen de la planète arc-en-ciel, à force d’injonctions à la repentance je suis devenu fier d’être français, fier d’être blanc et gaulois jusqu’au fond de mon âme. Comme dit la chanson, vos évangiles ont fait de moi un non-croyant. Une phrase très en vogue :  Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. On ne se laisse pas mourir pour faire plaisir à celui qui vous tue. Que voulez-vous, chez eux il n’y a pas de barrière entre les couleurs et les races. Mais ce qu’elle avait oublié, cette sombre journaliste, c’est que chez eux c’est aussi chez moi. En fait non, je suis toujours aussi naïf, elle le savait forcément. Je ne me trompais pas, c’était bien un reportage raciste et haineux contre moi et mes semblables à la gloire d’une nouvelle race supérieure.

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From → Racisme

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